Interview (extrait)

OMARA PORTUONDO,
BUENA VISTA SOCIAL CLUB


pour Walkzine – 2015

 

 

Il y a de ces rendez-vous qui vous marquent à tout jamais, et la rencontre avec cette grande dame de la chanson cubaine l’a particulièrement été. Omara Portuondo, soliste et membre du Buena Vista Social Club, nous donne une belle leçon de vie, à travers sa joie de vivre, son rire communicatif et ses yeux pétillants de malice. Celle qui a consacré toute sa vie à la musique, poursuit toujours et encore sa carrière à travers le monde, du haut de ses 84 ans. Actuellement sur les routes pour la tournée « Adios Tour » du Buena Vista, nous l’avions rencontrée à l’Hotel Silken Diagonal de Barcelone, à l’occasion de son projet solo « Magia Negra, the beginning ». Emotion.

Omara, en 2008 sortait votre album « Gracias », célébrant vos 60 ans de carrière. En 2014, « Magia Negra » qui a été votre premier enregistrement en solo en 1958, a été réenregistré sous le nom « Magia Negra, the beginning ». Qu’est-ce que cela représente pour vous ? Serait-ce une façon subtile de dire que la boucle est bouclée ? Ou au contraire, de montrer que tout est un éternel recommencement ?

C’est précisément l’inverse. Je suis encore en condition pour continuer ma trajectoire artistique et musicale, et c est vraiment quelque chose d’important dans ma vie en tant qu’être humain. La musique pour moi est indispensable et j’en profite beaucoup. Un jour, mon fils Ariel Jimenez Portuondo est tombé par hasard sur ce vieux disque et m’a demandé : « Penses tu que nous devrions refaire cet album? ». Je l’avais juste enregistré sans jamais travailler réellement dessus. J’ai pensé que c’était une idée formidable. J’ai donc dit : « L’idée est très bonne et nous allons produire de nouveau ce disque ! ».
Ce projet, je le dois à mon fils. Nous l’avons travaillé, enregistré et il a plu, entre autres parce que perdure l’empreinte de ces musiciens qui avaient tellement foi en moi…Ils voulaient que ce soit moi qui le fasse, mais ce n’était pas le bon moment…Donc même si physiquement ils ne sont plus là, ils sont présents dans cette nouvelle version du disque « Magia Negra » parce qu’ils ont en quelque sorte sélectionné les oeuvres, auxquelles nous avons ajouté quelques éléments… Ils avaient tellement d’admiration pour moi, beaucoup de respect envers moi et moi envers eux. Ils étaient d’excellents musiciens. Il n’en reste plus qu’un seul de ce groupe, Daniel.

Interview Intégrale sur Walkzine.